Académie du val d'Entraunes

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Présupposés sociolinguistiques

 

On a  trop communément enfermé le Val d’Entraunes, dans son cirque de montagnes, coupé de toutes communications avec l’extérieur, formant une entité géographique vivant quasiment en autarcie au sein des alpes du Sud au fin fond du Comté de Nice. Cependant l’étude des parlers gavots montre que les montagnes n’ont jamais formé barrière pour ces marcheurs impénitents qu’étaient  les gens du haut-pays. Loin de là, car si la relation Nord-Sud étaient exclues ou fort limitées du fait des profondes gorges (Daluis, Cians) qui formaient verrou, la relation vers l’Ouest ou l'Est par les cols était très vivante grâce entre autres à la transhumance. Dans tout cet espace dialectal couvrant la Provence, la région Rhône-Alpes, une partie de l’Auvergne et du Piémont, la langue gavotte a été  longtemps la principale langue véhiculaire. Pourtant  ce parler alpin reste aujourd’hui comme le dit Jean Luc Domenge (1) un parent pauvre des parlers provençaux du fait de la marginalité géographique, de la quasi absence d’expression écrite littéraire et peut être surtout le fait que ces populations n’ont jamais vraiment eu le sentiment d’appartenir à un ensemble linguistique déterminé. Dans les Alpes de Haute-Provence, on continue à se dire «bas-alpin» et on déclarera « être gavot », parler « gavot » presque partout. Mais le sentiment de provençalité des montagnards est fluctuant comme l’est le sentiment de « francité » dans le comté de Nice. Les frontières linguistiques ne recoupant pas les frontières administratives et politiques, dans le haut Comté de Nice, on se revendique aussi comme des gavouots, (i vitoun) mais sans savoir jusqu’où cela va et l’on parle le gavot ou l’alpin.

Le gavot du val d’Entraunes présente d’évidentes similitudes avec celui de Haute-Provence. Mais le Comté de Nice ayant été séparé de la Provence de 1388 à 1860, le sentiment d’identité y est clairement distinct : les gens du pays ne se considèrent pas comme provençaux et ils ne considèrent pas leur langue comme du provençal mais comme du gavot et non plus que comme du nissart car ce dernier reste aussi la langue « urbaine », la langue du littoral.

 

Alors que parlait-on dans le Val d’Entraunes ? Le français et le gavot sans aucun doute.

 

Le gavot était certainement la langue vernaculaire communément parlée au sein de la communauté. La langue des échanges, de tous les échanges au village, dans les foires des villages environnants du Comté comme de ceux de Provence (côté Verdon ou Ubaye). Ce parler était aussi utilisé par certains clercs ; n’oublions pas qu’entre 1860 et 1914, le clergé est très majoritairement niçois, originaire très souvent des hautes vallées du Comté en particulier de la Tinée (29% des séminaristes du diocèse en 1878). Le Magistre , l’instituteur, indigène comme le curé, impose le français en classe mais ne dédaigne pas se servir du dialecte en récréation ou hors de l’école (2).

Cependant pendant longtemps le val d’Entraunes  a vécu en situation de « diglossie »,  entre une langue que l’on va qualifier de « haute », la langue officielle  et une langue « basse », le gavot. Il serait peut être plus juste de parler de « déclassement diglossique » (3), la langue « haute » représentée par le français qui servait pour les registres socialement valorisés (administration, actes officiels, éducation ) ou l’italien (essentiellement dans les actes officiels) et la langue « basse » le gavot (oralité, contes, récits...). Dans ce processus diglossique, le gavot perd en quelque sorte le statut de langue autonome et n’est plus considéré que comme un « patois », un dialecte. Dans la sociolinguistique occitane de l’école de Montpellier, Robert Lafont montre que la diglossie n’est pas un processus stable mais un processus dynamique et conflictuel qui conduit la langue dominante à dévaloriser progressivement la langue dominée jusqu’à lui retirer toute légitimité. En fait, « le conflit diglossique doit être envisagé comme la structure profonde d’un vaste ensemble de fonctionnements diglossiques (4) ». Car comme le montre G. Kremnitz (5) « La diglossie de surface contiendra des situations multiples qui en font en réalité une multiglossie. »

 

Le val d’Entraunes a subi plusieurs situations diglossiques parfois concomitantes selon les époques :

  • le gavot par rapport évidemment aux langues officielles, administratives : français ou italien.
  • le gavot par rapport au provençal. Le gavot a longtemps été méprisé, considéré comme une langue de rustres de la montagne, une variante aberrante du provençal, victime en cela des préjugés linguistiques du gavot par rapport aux langues voisines dominantes surtout en regard du prestige culturel du provençal, langue aux réussites littéraires reconnues. Même certains traits phonétiques propres au gavot, comme le chuintement (6) était l’occasion pour les gens de la plaine ou du littoral de marquer leur mépris face à ces idiomes grossiers comme l’écrivait il y a déjà plus d’un siècle Léon Berluc-Perussis : « le chuintement (...) est aujourd’hui disparu à Forcalquier, le peuple le regardant comme un signe grossier propre au langage montagnard (...) on constate partout qu’il est refoulé vers la région la plus montagneuse et abandonné dans le plat pays. C’est le signe dialectal dont rougissent le plus, en arrivant à Marseille, les Alpins qui vont s’y établir. »
  • le gavot par rapport au nissart qui était la langue urbaine, la langue du littoral. L’élite niçoise écrivait le nissart alors que  dans le haut-pays l’on se contentait dans la majorité de cas de parler gavot.
  • le français par rapport à l’italien (7), la langue française ayant persisté comme langue officielle sous l’administration sarde. Notons que jusqu’à la Révolution, et ensuite pendant la Restauration Sarde, l’enseignement, et notamment l’enseignement primaire dans les villages du val d’Entraunes, est assuré par les prêtres, francophones, puisque ordonnés dans le diocèse de Glandèves en France.

 

Ultime phase du processus diglossique, la langue dominante retire toute légitimité à la langue dominée. Le gavot perd petit à petit sa fonction de langue de communication. Bien sûr de nombreuses raisons d’ordre historique, politique,  sociologique, touristique expliquent cela, mais c’est aussi par ce processus de minoration linguistique fruit d’une volonté politique (chasse au patois à l’école, francisation à outrance, catéchisme en français dès 1860 alors qu’il était enseigné en gavot avant 1860, etc...) que nous assistons à un linguicide. Le(s) parler(s) gavot(s) des communautés montagnardes se meurent. Ces parlers autrefois véhiculaires sont en état de microdiglossie (8). Peu ou plus utilisé dans la famille, pas enseigné,  aujourd’hui l’avenir du parler gavot nous paraît bien sombre. Le parler local n’est plus la langue de communication générale, il n’est plus nécessaire. Il est limité à certains secteurs de la vie sociale (vie familiale, amicale), il est devenu le parler de l’affect, de l’authenticité, la langue des racines, de la sphère privée mais aussi langue de la ruralité, de la tradition donc... du passé et Adolphe Viani de conclure :

« Les parlers gavots de certaines petites communautés montagnardes risquent de disparaître. Notre patrimoine linguistique sera diminué d’une manière irréversible et seuls le provençal (rhodanien et maritime) ainsi que le nissart résisteraient à cette hémorragie linguistique qui affecte nos villages du Haut Pays, et c’est malheureusement une partie de notre patrimoine qui aura disparu. »

 

Une francité plus importante dans le val d’Entraunes malgré la difficulté de passer d’une culture orale (le gavot) à une culture écrite (le français) ?

 

La situation linguistique du val d’Entraunes est d’une rare complexité du fait surtout d’une situation géographique aux frontières fluctuantes. Pas moins de quatre changements de frontières entre le royaume de France et de Sardaigne entre le XVIIe et le XIXe siècles et qui dit changement de souveraineté, dit changement de langue officielle, français sous autorité française et italien sous autorité sarde.

Par lettres patentes du 22 février 1561 le duc de Savoie Emmanuel-Philibert chasse le latin de tous les actes officiels dressés et officialise l’usage du français comme langue écrite de l’administration en Savoie et de l’italien en Piémont et dans le Comté de Nice.

Cependant il semblerait, selon Denis Andréis que le français ait maintenu sa prédominance  même sous l’autorité sarde et que l’usage de  l’italien comme langue administrative ne se serait  jamais véritablement imposée dans le Val d’Entraunes.

 

p. 83… Par suite de ce long enclavement, les rapports avec les communautés provencales voisines – comme Colmars, Barcelonnette et évidemment Guillaumes – sont toujours demeurés déterminants : pensons par exemple à l’importance des migrations temporaires liées à la transhumance ou encore à la provenance de conjoints dans la minorité des mariages exogamiques. Sans doute faut-il voir là la raison de la persistance du français (9) comme langue officielle des la fin du XVIe siècle : registres notariaux, délibérations des conseils communaux, dénombrements témoignent du caractère occasionnel de l’emploi de l’italien. Cette particularité linguistique, notamment par rapport aux patentes ducales de 1562, paraît avoir été admise sans problème par l’Etat piémontais.

Cette tendance à la francité généralisée serait aussi corroborée par le fait que tous les écrits privés, selon Denis Large (10), se faisaient en français dans l’ensemble du  val d’Entraunes et du diocèse de Glandèves alors qu’ils étaient en italien dans la vallée de la Tinée et le diocèse de Nice.

Notons toutefois que le terme « occasionnel » utilisé par  Denis Andréis semble peut être un peu fort en ce qui concerne la commune de Châteauneuf et en regard des conclusions de l’enquête  de Didier Large qui démontre que pour ce qui concerne Entraunes, St-Martin d’Entraunes et Villeneuve d’Entraunes la langue écrite de l’administration est certes le français et que seuls certains actes sont rédigés en italien dans les registres de notaires. Alors que pour Châteauneuf-d’Entraunes, les langues écrites de l’administration sont le français et l’italien (11). Cette nuance mérite d’être soulignée car elle induit peut être une moins grande « francité », un esprit « plus rebelle » du côté de cette commune de Châteauneuf.

Lors du Traité d’Utrecht (12), en 1713, qui met fin à la guerre de succession d’Espagne, le duc de Savoie se trouve dépossédé de la vallée de Barcelonnette dans l’Ubaye ; cette vallée est dès lors, en matière administrative, soumise à l’édit de Villers-Cotterêts : le français devient langue officielle. Mais en 1714, le val d’Entraunes, prolongement dans le comté de Nice de la vallée de Barcelonnette, fait l’objet d’un litige entre le roi de France et le duc de Savoie : les communautés d’Entraunes et de Saint-Martin d’Entraunes sont laissées au comté de Nice contre le village du Mas, cédé à la France ; à Entraunes et Saint-Martin d’Entraunes, soumis aux lettres patentes d’Emmanuel-Philibert, on aurait dû utiliser l’italien dans l’administration : des sondages effectués dans les archives municipales de ces communes permettent d’affirmer que jusqu’en 1814 au moins, l’administration a continué d’écrire en français tandis que les notaires rédigeaient leurs actes dans les deux langues française et italienne.

A la coexistence  au niveau administratif de ces deux langues sur l’ensemble du Comté, on doit  ajouter un peu de gavot car ces lettres patentes du duc de Savoie ne furent pas toujours immédiatement suivies d’effet. Didier Large (13) nous rappelle que leur application était très inégale selon les lieux : à Touet-de-Beuil (aujourd’hui Touët-sur-Var), les comptes de la communauté sont écrits en occitan jusqu’en 1704, à Puget-Théniers jusqu’en 1629, à St-Etienne-de-Tinée, un règlement municipal est publié en occitan en 1630. Nous avons trouvé dans les archives familiales (14) du notaire Ginésy des actes en gavot. Bien sûr ces « désobéissances » ne sont pas la règle et montrent simplement que les clercs adaptaient leurs pratiques par souci d’efficacité envers une population qui, très majoritairement, ne comprenait que le gavot.

 

Henri  Courriere note (15) qu’Emmanuel Fodéré, en 1821 (16), fait  une nette distinction entre l’est et l’ouest du département et développe un point de vue plus idéologique en liant le degré de francité aux mœurs et à la civilisation :

« Dans les vallées de Paglion, de Bevera, de la Roja, de la Visubie et de la Tinée, où il n’y a presque jamais eu de communication qu’avec les Piémontais et où l’on ne parle que leur langue, le caractère du peuple est plus rude, plus sombre et plus prompt : sur la côte maritime et dans la vallée de la Nervia, où les communications ont eu lieu avec les Liguriens, peuple civilisé par le commerce, les mœurs sont plus liantes et moins farouches : dans les vallées d’Entraunes, de Guillaumes, du Var et de l’Esteron, où le commerce s’est toujours fait avec la France et où la langue française est en usage, on trouve une aménité et une affabilité inconnues ailleurs ; on voit plus de propreté dans les maisons, plus de luxe dans les meubles et dans l’habillement ; les terres mêmes y sont mieux travaillées. Malgré les orages de la révolution, aucun crime ne s’est commis dans ces vallées : les milices royales s’étaient retirées tranquillement, et les municipalités ayant eu la sagesse de les couvrir de leur crédit et de les protéger, il n’y avait pas eu un seul barbet : aussi, lorsque je les ai parcourues, pouvait-on y voyager jour et nuit sans escorte, comme dans la Savoie ; mais aussi cette partie des Alpes maritimes se rapproche-t-elle beaucoup de mon ancienne patrie par un esprit plus éclairé, des mœurs douces et une véritable piété ... »

A l’est, les  sauvages, à l’ouest les civilisés... (17), plus on est français plus on est civilisé (!!!) Courrière souligne que cette affirmation de la correspondance entre francité et civilisation est présente aussi chez Blanqui qui déclare en l’an XI : « L’arrondissement (de Puget-Théniers), par ses confins avec l’ancienne France et les relations journalières de ses habitants avec les Français, est le moins sauvage et le moins rustique que les autres du département. Les mœurs, les usages et les habitudes y ont toujours été et y sont à peu près les mêmes qu’en France, une partie en a même été distraite par l’échange de 1760. Enfin pendant toute la révolution il n’a fourni aucun Barbet. La langue française y est connue et entendue partout sans exception, et le nombre de ceux qui ne la parlent pas est infiniment petit ; ceux qui la parlent, la parlent mieux que dans le reste du département. Les contrats s’y faisaient en français et il fallut même un ordre du roi pour y faire adopter l’italien (18). »

 

L’action politique de francisation développée par Blanqui se heurte à des résistances notamment dans l’est du comté. Fodéré souligne les graves inconvénients qui résultent de cette « barbare indépendance » : « Dans les villages montagneux du Nord et de l’Ouest, l’ignorance était telle qu’il était souvent impossible de trouver des maires qui sussent lire, et bien moins encore qui sussent le français, langue dans laquelle leur parvenaient les lois et arrêtés. Ainsi rien n’était plus ridicule que l’administration de ce temps-là : dans les villages, l’heureux secrétaire (et quelquefois il n’y en avait qu’un pour sept à huit communes), qui savait lire et un peu de français, était tout, et le maire, le conseil municipal n’étaient que des membres aveugles qui exécutaient ses volontés ; il ne communiquait d’ailleurs que les lois et les règlements qui lui convenaient, et les autres, renfermés dans un tiroir ne voyaient jamais le jour. Ailleurs, si le maire savait lire, il ne se trouvait personne pour être secrétaire et percepteur, et cet administrateur remplissait lui seul ces diverses fonctions, figurant et signant sous des noms supposés ; j’en ai même rencontré qui étaient
en même temps curés, ce qui leur donnait un pouvoir dont on se figurera facilement l’étendue (19) . »

Ce n’est que lors du second rattachement, en 1860, que l’administration française disposera de suffisamment de temps pour mener à bien sa politique de francisation.

 

 

Le gavot : définition linguistique

 

Gavot, provencal-alpin ou vivaro-alpin ou occitan-alpin ou occitan-gavot, provencal-haut alpin, viton, Nosto modo, l’alpin-maritime... de nombreux termes fleurissent pour essayer de cerner l’identité linguistique du parler de notre haut-pays.

En considérant la zone des Alpes-Maritimes dans sa globalité Jean-Philippe Dalbéra (20) estime que l’espace dialectal se divise en deux zones : la zone « royasque » (Tende, La Brigue, Saorge, Breil, Piene, Libre...) relevant de l’ensemble linguistique ligurien et la zone « non royasque », relevant de l’ensemble linguistique d’oc, zone qui se scinde en deux aires, l’aire gavotte (le « gavot » parlé dans les moyennes et hautes vallées de la Vésubie (St-Martin, Roquebillière...), de la Tinée (St-Etienne, St-Sauveur...) et du Var (Entraunes...), dans la vallée de la Bevera (Sospel...) et jusqu’à la côte dans la zone orientale (Castellar, Gorbio, Sainte-Agnès, Menton) et l’aire maritime

 

D'après Laurenç Revest, La langue d’Oc ou langue Occitane. Modifiée.

 

Le gavot comporte un certain nombre de traits graphiques, phonétiques et phonologiques propres (21). Nous ne rentrerons pas dans les querelles de chapelles concernant ces caractéristiques et  nous vous donnons pour les particularismes locaux quelques exemples

 

Particularités linguistiques

 

Blanchet Philippe (22) précise que les variations sont minimes entre le provençal rhodanien et le provençal maritime et beaucoup plus marquées pour le provençal alpin ou gavot par exemple :

  • La façon de prononcer la voyelle qui marque la première personne des verbes (é en rhodanien et dromois, i en maritime et ou en gavot . « Je parle » : parle, pàrli, pàrlou)
  • La marque du pluriel du groupe nominal qui est en  -i dans la vallée du Rhône, en -ei ailleurs, avec certains –s en gavot (li bèlli fiho, lei bèllei fiho, les bèllei filho(s)
  • La prononciation du ch , j en ts, dz dans la vallée du Rhône, en tch, dj en gavot
  • La forme en O dans la vallée du Rhône et la diphtongaison en gavot : ouo, oua (bono, bouona, bouono).
  • Les syllabes ca et ga prononçées tsa, dza en gavot chanta pour canta.

 

Dans son enquête réalisée entre 1999 et 2008  dans tous les communes des Alpes Maritimes Revest Laurenç (23) relève un certain nombre de traits spécifiques de l’Alpin Maritime.

 

Le gavot des Alpes-Maritimes « l’Alpin maritime » a tous les traits propres au dialecte alpin. Très souvent il présente des traits alpins bien mieux conservés que le reste de l’espace gavot (Alpes-de-Haute-Provence, Drôme...) qui les ont perdus (...) En revanche, une partie nord du département connaît le passage de C+A et G+A du latin deviennent CHA (tcha) et JA (dja), mais ce ne sont pas des traits spécifiquement alpins car ils se retrouvent ailleurs en Occitan : en Auvergnat ou Limousin.

Ex. : « lo chan » (lou tcha) le chien, « lo chat » (lou tchat) le chat, « la charrièra » (lo tcharyèro), « lo jarbeiron » (lou djarbeyroù), « la jalina » (lo djalino), « la bujaa » (lo budjaw) lessive, et en liaison avec ceci, -SCA- devient scha, ex. : « los eischalièrs » (louz eyshalyès) les escaliers, « los eischaudats » (louz eyshowdàs) les échaudés, « l’eischina » (eyshino) le dos.

 

L final reste l (ou devient parfois r), ex. : « aquel » (akel) celui, « martel » marteau, « cotel » (coutel) couteau, « el » lui, « gal » (gal) coq, « lo savel » (lou savel) le grès. En revanche à Entraunes jusqu’à Annot et dans la commune de Menton on trouve ensemble deux formes, ex. : le marteau « lo martel » avec –l (lou martel), ou l muet « lo martè » (lou martè).-L- interne devient r, « l’arba » (l’arba) l’aube, « calcar » (carcar) fouler, « calfar » (calfar) chauffer, « qualqu’un » (carcu) quelqu’un et aussi le sens de chose (en parlant d’une chose).

 

Toutes les consonnes finales se prononcent (contrairement au niçois et surtout au provençal), et cela s’étend à quasiment toutes les situations, exemples :

M final se prononce à l’est et au centre «fam» (fam) et se nasalise à l’ouest «fam» (fan)

 

-N final a tendance à s’effacer comme dans l’ensemble des parlers gavot (parfois des hésitations) sauf à l’est, ex. : « la maijon » (lo maydjou) la maison, « lo molin » (lou moulì) le moulin, « lo matin » (lou matì) le matin, « lo vesin » (lou vezì) le voisin, lo camin (lou camì) le chemin.

 

-IER final se prononcer tel que «castanhier» (castagnier) ou devient (-o) (castagnio) châtaignier sauf au sud ouest où il se prononce comme en provençal. Le r s’efface au pluriel devant le -S, «oliviers» (oulivies) ou (oulivios) oliviers.

 

-RN, -RM finaux se maintiennent partout, «jorn» (djourn) jour, «forn» (fourn) four, «verm» (verm) ver à Castillon ils deviennent «jonl» (djounl), «fonl» (founl) sauf dans une infime partie de l’ouest où ils deviennent «jort» (djourt), «fort» (fourt), «verp» (verp) ver au nord et «jorn» (djou), «forn» (four), «verm» (ver) ver au sud.

 

-SC, -SCS «buòsc» (bwosc) un bois, et au pluriel «buòscs» (bwosks) des bois

 

-SS- devient très souvent sh, ex. : « laisha » (laysha) laisse, « faishina » (fayshina) fagot, « meishonar » (meyshounar) moissonner.

 

Pour Jean Philippe Dalbéra (24) plus légère, moins tranchée, plus floue se trouve être la ligne de partage entre gavot et maritime. Aux contrastes accusés entre royasque et non royasque se substituent des distinctions notables certes mais graduelles. La morphologie nominale donne de cette gradation une image assez juste : entre les parlers des hautes vallées qui possèdent une marque -s de pluriel quasi générale (par ex. las aurelhas vs l’aurelha) et certains parlers du littoral dans lesquels le pluriel n’est plus indiqué que par la voyelle de l’article (par ex. li aurelha vs l’aurelha), l’écart apparaît considérable. Mais il ne se manifeste pas brutalement dans l’espace : toutes sortes de formules intermédiaires dans lesquelles le pluriel est partiellement marqué ou fait l’objet de marques substitutives (par ex. lai aurelhai vs l’aurelha) s’égrènent dans l’aire. De sorte que sont mis en évidence des changements mais pas de rupture

 

Le seul trait établissant une division nette, spatialement marquée, entre gavot et maritime est l’émergence d’une désinence de première personne du singulier des verbes [-u] pour le gavot, [-i] pour le maritime ; il s’agit là d’un phénomène d’innovation partagée, témoignant d’une dynamique de convergence dialectale et susceptible de donner une unité à chacune des aires et de mettre par là même celles-ci en contraste

 

Ces quelques exemples pourront être complétés  sur le site par les articles de Liautaud, d’Albert Tardieu sur les spécificités du parler Entraunois et Estenchoun et la monumentale thèse de Blinkenberg qui considère dans sa conclusion que l’isolement du Val d’Entraunes, et l’implantation pluri-séculaire des mêmes familles ont favorisé la survie d’un langage  très proche du provençal d’origine, l’Entrounenc comme un parfum d’occitan ancien.

1  Domenge Jean-Luc, l’espace dialectal alpin in Nos langues et l’unité de l’Europe,p.79, Actes des colloques de Fleury  (Normandie ) et Malano (Prouvénço), Peeters, Louvain-La-Neuve, 1992   books.google.fr/books?isbn=9068314394

 

2  Compan André, la langue niçoise et les classes sociales du Comté après 1860, Cahiers de la Méditerranée, Année 1991, volume 43, n°43, pp. 175-189

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/camed_0395-9317_1991_num_43_1_1054

 

3  Lafont Robert 1984, « Pour retrousser la diglossie », Lengas,
n°15, Montpellier, CNRS

http://www.univ-montp3.fr/uoh/occitan/une_langue/co/module_L_occitan_une%20langue_26.html

 

4  Gardy Ph. et Lafont R. (1981), «La diglossie comme conflit: l’exemple occitan», Langages n° 61, p

 

5  Kremnitz G. (1981), « Du « bilinguisme » au « conflit linguistique ». Cheminement de termes et de concepts », Langages n° 61, p.72

 

6  cité p.81, dans « Nos langues et l’unité de l ’Europe », Actes des colloques de Fleury (Normandie) et Maiano (Prouvènço), édités par Philippe Blanchet, Peeters, Louvain-la Neuve, 1992

 

7 Alors qu’ailleurs l’enseignement est assuré par les prêtres italophones, puisque ordonnés dans le diocèse de Nice (et le diocèse de Vintimille pour l’est du comté) d’où l’inquiétude du préfet Dubouchage qui ressort de cette circulaire du 18 Germinal an XIII : « Je suis informé, Messieurs, que dans un grand nombre de communes, les instituteurs primaires font de la langue italienne la base de l’instruction qu’ils donnent à leurs élèves, que c’est dans cette langue, qu’ils leur enseignent les premiers éléments de la lecture et de l’écriture.(...) Quel moyen plus puissant que l’instruction peut resserrer les liens qui unissent l’habitant des Alpes-Maritimes à la France ? » Lettre du Préfet de département M. Dubouchage à MM. les sous-préfets et à MM. les Maires sur la nécessité de l’enseignement en langue française, Nice, 18 germinal an XIII.

 

8  Viani Adolphe, la situation des parlers gavots dans le haut pays niçois in Académie des langues dialectales , Actes du 13ème colloque des langues dialectales,2009.

http://www.ald-monaco.org/menu/langues-dialectales-de-l-aire-latine-4

 

9  Andreis Denis, Les changements au village ?  StMartin d’Entraunes de la fin du XVIIIème à 1860 in Actes du colloque Nice au XIXè, Mutations institutionnelles et changements de souveraineté  organisé par le Centre d’histoire du droit du laboratoire de recherches Juridiques Economiques et politiques sur les transformations des activités de l’Etat

pp. 81-93, Centre d’histoire du droit, Nice, 1985

 

10  Large Didier, la situation linguistique dans le Comté de Nice avant le rattachement à la France, document conseil général des Alpes Maritimes .

Voir surtout la carte de l’usage écrit de l’administration savoyarde puis sarde dans l’arrondissement de Puget-Théniers entre 1790 et 1792

https://www.cg06.fr/documents/Import/decouvrir-les-am/rr136-linguistique.pdf

Large Didier , Etude de philologie et de toponymie : le français dans la langue administrative de deux communes de l’ancien comté de Nice, Clans et Roure, d’après les archives municipales et les registres de notaires, entre 1793 et 1814, la graphie des noms de lieux. Doctorat en dialectologie sous la direction de Gaston Tuaillon, Grenoble 3, 1992.

 

11  Notons aussi que les  très nombreux documents notariés en italien retrouvés dans la  famille Ginesy, notaires à Châteauneuf d’Entraunes nous incite à penser que l’usage de l’italien était beaucoup plus important dans les actes officiels que ce qu’on dit, du moins à Châteauneuf d’E. L’analyse à venir de  l’ensemble de ce  corpus permettra peut être  de vérifier cette hypothèse.

 

12  Large Didier, opus cité.

 

13  Large Didier, opus cité.

 

14  Archives Anne-Marie Belleudy  (Châteauneuf d’Entraunes) en cours de numérisation

 

15  Courriere Henri - L’intégration politique et culturelle du Comté de Nice à la France de 1792 à 1814. Eléments pour l’étude de l’identité niçoise

http://amontcev.free.fr/comte%20de%20nice.htm

 

16  Fodéré F.-E. Voyage aux Alpes Maritimes, ou Histoire naturelle, agraire, civile et médicale du Comté de Nice et pays limitrophes, t. II, p. 306‑307. Paris, 1821 (réédition : Marseille, Laffitte Reprints, 1981).

 

17  Francité déjà soulignée par Papon S . en 18O4« Au midi de Guillaume, et sur la rive gauche du Var, est le Puget de Théniers, petite ville qui semble toujours avoir fait partie de la France. La raison en est qu’elle est sur la frontière ; que les habitants faisaient leurs études en français, et qu’ils étaient d’un diocèse français. Il n’y avait que les notaires qui sussent, tant bien que mal, l’italien, parce que leurs actes se passaient dans cette langue. La différence qu’il y a du Puget aux autres communes du département est si sensible, que les Français qui arrivent dans ce pays s’en aperçoivent aussitôt, et en préfèrent le séjour ».

  Papon S.,  Voyage dans le département des Alpes Maritimes, avec la description de la ville et du terroir de Nice, de Menton, de Monaco, etc., Paris, an XII – 1804, p. 77.

 

18  Courrière Henri opus cité

 

19  Fodéré F. E., op. cit., t. II, p. 316‑317 cité par Courrière Henri

 

20  Dalbera J. Ph. 1985-86 Alpes-Maritimes dialectales, essai d’aréologie, , 30ème Travaux du Cercle Linguistique de Nice, 7-8, pp. 3-28. ‚

et Dalbera J. Ph. 1994 Les parlers des Alpes-Maritimes. Etude comparative, essai de reconstruction, Londres, AIEO

 

21  Decrusse Anne, Langage et société,  Année 1987, Volume 41, Numéro 41 , pp. 52-53

   Blanchet Philippe,  Nos langues et l’unité de l’Europe,  Actes des colloques de Fleury  (Normandie ) et Malano (Prouvénço), Peeters, Louvain-La-Neuve, 1992

  http://books.google.fr/books?id=dgIt4xXoE6QC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

22   Blanchet Philippe, Parlons Provençal, Langue et culture, L’Harmattan,1999, p.18

 

23  Revest Laurenç , La langue d’Oc ou langue occitane

http://ccocpaisnissart.chezalice.fr/ccocpn/lengadoc.htm

 

24  Dalbéra Jean-Philippe, article sur le dialecte nissart in dictionnaire historique et biographique du Comté de Nice, Serre, 2002.

 

Biliographie indicative :

 

Canestrier, Paul.

Documents dialectaux du Haut-Var au XVIe siècle.

Nice Historique, 1950.

 

Canestrier, Paul.

Contrat de mariage de 1561 en provençal alpin.

Provence historique, Fascicule 3, T. 1, 1951.

 

Courrière, Henri.

L’intégration politique et culturelle du Comté de Nice à la France de 1792 à 1814. Eléments pour l’étude de l’identité niçoise.

Pays Vésubien, 4-2003, pp. 96-109.

AMONT, Association Montagne et Patrimoine.

 

Decrusse, Anne.

Imaginaires linguistiques en conflit : Nissart, gawat, français régional.

In: Persée. Langage et société, n°41, 1987. Contacts de langues : quels modèles. pp. 52-53.

 

Large, Didier.

La situation linguistique dans le Comté de Nice avant le rattachement à la France.

Recherches régionales Côte d’Azur et contrées 1996, cg06.fr

 

Martel, Philippe.

« Ces montagnes qui sont si hautes. A propos de la renaissance d'oc dans la région vivaro-alpine (XIX°-XX° siècles) ».

Atti del secondo Congresso Internazionale della "Association Internationale d'Etudes Occitanes, Torino, Dipartimento di Scienze letterarie e Filologiche, 1993, T. 1, pp 497-517.

 

Le Patois d’Entraunes par Andreas Blinkenberg

 

Présentation de René Liautaud pour la revue Lou Sourgentin, n°24, juin 1976

 

Note de la rédaction de Lou Sourgentin :

« Nous eussions préféré, dans le titre et le texte de l’ouvrage, l’expression « le parler
d’Entraunes » plutôt que le « patois ». On sait avec quel mépris Paris a décrété que tous les dialectes d’oc n’étaient que des patois donc des parlers indignes de vivre, qu’il fallait donc détruire, par tous les moyens. »

 

L’enquête

 

En Juin-Juillet 1938, puis, en janvier- février 1940, durant près de trois mois,  professeur  Andréas Blinkenberg, de l’université d’Aarhus au Danemark, séjourna à Entraunes afin d’enquêter sur l’état du patois local.

Au cours de ces recherches – s’intégrant dans ses études sur le Provençal-Alpin – il fit appel à une quinzaine de témoins réguliers et nombre d’autres occasionnels, qu’il interrogea pour entreprendre le relevé systématique, non, seulement du vocabulaire, mais aussi de la phonétique et de la syntaxe propre au parler entraunois, cela d’après un questionnaire « constamment complété au cours de l’enquête, durant et entre les séjours ».

Il s’agissait de déterminer « l’état présent du patois et non d’essayer de retrouver une étape plus ancienne de son évolution ».

 

Les résultats de l’enquête

 

Ont été publiés en deux recueils, l’un en 1939, l’autre en 1940 par Institut for romansk Filologi,  Aarrhus universsitei-Danmar.

Dans le premier, douze chapitres sont consacrés à la phonétique, huit à la morphologie et la syntaxe, avec nombre d’exemples et quantité de remarques.

Dans le second volume, on rassemble les données du vocabulaire autour de trois thèmes centraux : la vie agricole et pastorale, la nature, l’homme et la société que complètent : la nomenclature des « proverbes et dictons » connus à Entraunes, ainsi que celle des « lieux-dits » relevés dans les documents cadastraux de 1860-1870.

Dans tous ces textes, mots et expressions du patois d’Entraunes sont donnés dans une transcription phonétique, d’après l’alphabet légèrement adapté, de l’association Internationale de Phonétique.

Ce remarquable et précieux travail de recherches – qui doit longuement retenir l’attention de toutes ces parties – s’achève par une conclusion où M. A. Blinkenberg étudie l’évolution du patois entraunois.

Caractérisée par les exceptionnelles difficultés des communications et le maintien, souvent pluri-séculaire des mêmes familles sur les mêmes parcelles, l’existence d’autrefois, dans le terroir d’Entraunes, avait favorisé la survie d’un langage, très proche du provençal d’origine. Alors le français ne s’employait que très rarement, surtout dans les documents officiels.

La sérieuse amélioration des échanges avec la zone côtière, – fin du XIXe siècle – devait se marquer, sur le plan linguistique, par l’apport de termes et tournures de la région niçoise et, surtout par l’établissement d’un véritable bi-linguisme : patois, français.

« Ces influences, précise M. A. Blinkenberg, sont d’autant plus marquées qu’elles se font sentir dans une communauté dont la résistance diminue du fait qu’elle est en, déclin numérique »

Une autre cause, plus importante encore, allait intervenir, la plupart des parents ayant pris l’habitude, pour diverses raisons, de parler le français à leurs jeunes enfants, cette dernière langue devait, insensiblement imposer sa suprématie et devenir pour les nouvelles générations, la véritable languie maternelle.

Ce qui était vrai à l ‘époque de l’enquête, -1938-1939- l’est encore davantage de nos jours. Le nombre des habitants s’étant fortement réduit, le patois, se voit, non seulement de moins en moins parlé, mais de plus en plus contaminé par les influences extérieures.

Ces regrettables constatations nous font accorder encore plus grand prix aux résultats des patientes et fructueuses recherches de M.A. Blinkenberg, celui de fixer  l’état du patois d’Entraunes – alors vivace – aux environs de 1940 (1).

 

Numérisation en cours.

 

Andreas Blinkenberg (1893-1982). 1943. Aarhus Universitet.

(1) Signalons que , selon les mêmes principes, M. A. Blinkenberg a publié en 1948, un volume sur le patois de Beuil.

Blinkenberg, A. (1948), Le patois de Beuil. Documents et notes, Acta Jutlandica, XX, 3, p1-144.

 

L'Entrounenc par Albert Tardieu

 

Articles Le parler d'Entraunes dans Lou Lanternin n°1 et Le patois entrounenc dans le n°3.

 

 

René Liautaud par André Payan-Passeron sur wikipedia

 

René Liautaud (né le 11 mars 1913 à Entraunes, mort en 1990), est le fils de Jean-Baptiste Liautaud et de Marie Blanc appartenant tous les deux à de vieilles familles entraunoises. Reçu au concours d'entrée à l'Ecole normale de Nice (promotion 1930-33), il est donc d'abord enseignant avant de réussir au concours de recrutement des attachés d'intendance de l'Education nationale. Et, à ce titre, il sera donc gestionnaire d'un établissement scolaire à Aubagne (BdR 13) avant d'être nommé à l'Ecole normale de Nice puis au lycée professionnel Georges-Lamarque devenu lycée des Eucalyptus en 1964. Admiratif de l’œuvre de Jean Giono et passionné d'histoire régionale, il est connu en tant qu'inlassable chercheur fréquentant les archives paroissiales, municipales et départementales et surtout comme historien et écrivain ayant publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles. Notamment deux romans : « Béatrice de Tende » en 1953 puis « Et la conque se tut » en 1963 dont l'action se déroule à Entraunes. Ensuite deux ouvrages historiques : « Histoire du pays niçois » (1971 - Editions du Rocher) et « Entraunes - La France rustique » (1982 - Editions Serre) dans lequel il a notamment analysé la conquête au Moyen Age par les habitants du val des Entraunes de leurs libertés communales progressivement réduites par les monarques du duché de Savoie devenu royaume de Piémont-Sardaigne. Et d'autres publications : un tiré à part « Une communauté de l'arrière-pays niçois : Entraunes » (pages 109 à 180 du n° 4 d'octobre-décembre 1977 de la revue NICE-HISTORIQUE), un « Essai de lexique français-entraunois avec correspondance en niçois » (222 pages - CRDP de Nice en 1985), un « Memento d'Histoire et de Géographie des Alpes-Maritimes » (79 pages), etc... A été le collaborateur régulier de la revue « Lou Lanternin » publiée par l'Académie du Val d'Entraunes (06470) de 1978 à 1983 et dans laquelle il a fait paraître de nombreux articles tant en français qu'en entraunois qu'il maîtrisait parfaitement : "L'église d'Entraunes", "Jesu Mario", "La fresque de Saint-Sébastien", "Las Fados", "Lou Saut dou Diau", "La peiro de Crous", "Lou cadavre dou Garret".

 

Voir l’hommage rendu par Denis Andréis dans Nice historique :

Andréis Denis, 1991. René Liautaud (1913-1990). Nice historique, n°5 , pp.87-88.

 

René Liautaud, 1985. Essai de lexique français-entraunois avec correspondance en niçois, 222 pages, CRDP de l'Académie de Nice.

 

 

René Liautaud, L'Entrounenc, quelques données de conjugaison dans Lou Lanternin, n°10.

 

 

Petite histoire des Alpes-Maritimes, 145 p.

Editions de l’amitié par le livre. Chez l’auteur 13bis, Boulevard du Righi, Nice (AM), 1947, Nice

 

Mémento d’histoire et de géographie des Alpes Maritimes, 81 p.

Editions de l’amitié par le livre, Chez l’auteur 13bis, Boulevard du Righi, NICE (AM), 1949, Nice

 

Béatrice de Tende, 301 p.

Editions de l’amitié par le livre, 1953, roman historique des XIV et XVème siècles s'inspirant du personnage de Béatrice de Tende (1372-1418).

 

Et la conque se tut, 253 p.

Editions de l’amitié par le livre. Chez l’auteur 13bis, Boulevard du Righi, Nice (AM), 1963, Nice.

 

Histoire du pays niçois, 318p.

Editions du rocher, Monaco, 1972.

 

Le patois d’Entraunes par Andréa Blinkenberg.

Lou Sourgentin, 1976, n° 24, pp. 24-26.

 

Une communauté de l'arrière pays niçois : Entraunes.

Une communauté de l'arrière pays niçois : Entraunes (suite).

Nice historique, numéro 103 de l'année 1977, p. 109 et p. 141.

 

Un cadastre de 1902 : celui d’Entraunes.

Mémoires de l’Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes-Maritimes, (1977-1978, t.XXI, pp.45-48). Nice, 1979.

 

Fondations et œuvres pies près de la communauté d'Entraunes.

Nice historique, numéro 104 de l'année 1979, p. 109.

Paragraphes intéressants aussi sur l’école et l’église p. 128-132.

 

Joseph Garibaldi, « héros des deux mondes ».

Nice Historique, 1982, n°3,  pp. 190-128.

 

Entraunes, la France rustique

1982, Serre Editeur, Nice.

 

Le val d'Entraunes durant la Révolution et l'Empire.

Nice historique, numéro 160 de l'année 1984, p. 82.

 

Essai de lexique français-entraunois.

Nice CRDP, Nice, 1985. 222 p.

 

L’exceptionnelle destinée d’André Masséna.

Mesclun, 1987, n° 5, pp. 13-19

 

Nombreuses contributions à la revue bilingue « Lou Lanternin » publiée par l’académie du Val d’Entraunes » entre 1978 et 1983 :

 

• L’église d’Entraunes – les trésors du val d’Entraunes.

Lou lanternin n°1, pp 4-8,  juillet 1978

 

• Jesu Mario !, légende adaptée et traduite par René Liautaud d’après les cahiers de Joseph Gilloux.

Lou Lanternin n°3, pp. 8-12,  mars-avril 1979

 

• Saint Sébastien, fresque et martyr (en collaboration avec Olivier Toche),

Lou Lanternin n°4, pp. 11-19, juillet-aout 1979.

 

• L’enseignement à Entraunes après 1860.

Lou Lanternin n°6, pp. 2-5, février-mars 1980.

 

• Légende : las fados.

Lou Lanternin n°8, pp. 20-26, novembre-décembre 1980.

 

• Légende : le saut du diable.

Lou Lanternin n°10, pp. 8-15, juillet 1981.

 

• Légende : La peiro de Crous.

Lou Lanternin n°11, pp. 7-13, juillet 1982.

 

• Un fait divers : lou cadavre dou Garret.

Lou Lanternin n°13, pp. 9-12, été 1983.

 

Raymonde Schaller (née Mandine), 1970. Le vocabulaire alpin.
Mémoire de maîtrise, Université de Montpellier.

 

Photo : Robert Gasiglia et Rémy Mandine, principale source de cette enquête linguistique.

 

 

Patrick Erard. Du patois à l’occitan. Lanternin n° 9, pp. 8-9.

 

 

 

Conseil général des Alpes-Maritimes

 

Cet entretien entre dans la cadre d’une campagne de collecte de témoignages oraux entrepris auprès des habitants des localités du Haut-Pays des Alpes-Maritimes sur le thème des coutumes, des traditions et de la vie quotidienne au cours de la période comprise entre le dernier quart du XIXème siècle et le milieu du XXème siècle.

 

Archives sonores des bases documentaires du cg06.

Fonds Dalbéra, Enquête lexicographique en langue d’Oc, Mesdames Blanc et Icard, commune de St Martin d’Entraunes (partie 1 et partie 2).

 

 

Témoignage ethnographique sur les sociétés traditionnelles dans les Alpes-Maritimes : Saint-Martin-d'Entraunes : Fonds José Cucurullo.

 

41AV 0027/001 - Témoignage ethnographique sur les sociétés traditionnelles dans les Alpes--Maritimes : Saint-Martin-d'Entraunes - Inédit - Enquête.

Témoin (s) : M. et Mme Norbert Liautaud et Émile Jaubert.

 

41AV 0027/002 - Témoignage ethnographique sur les sociétés traditionnelles dans les Alpes--Maritimes : Saint-Martin-d'Entraunes - Inédit - Enquête

Témoin (s) : M. et Mme Norbert Liautaud et Émile Jaubert.

 

41AV 0028 - Témoignage ethnographique sur les sociétés traditionnelles dans les Alpes--Maritimes : Saint-Martin-d'Entraunes - Inédit - Enquête

Témoin (s) : M. et Mme Alfred Ollivier.

 

41AV 0029/001 - Témoignage ethnographique sur les sociétés traditionnelles dans les Alpes--Maritimes : Saint-Martin-d'Entraunes - Inédit - Enquête

Témoin (s) : Joseph Liautaud, Jean-Baptiste Thaon.

 

41AV 0029/002 - Témoignage ethnographique sur les sociétés traditionnelles dans les Alpes--Maritimes : Saint-Martin-d'Entraunes - Inédit - Enquête

Témoin (s) : Joseph Liautaud, Jean-Baptiste Thaon.

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